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Ecrits de Natacha Michel

L’une et l’autre (la même) quant à être juive

Paris, Le Perroquet, été 1986, numéro 64

(juin 1986)

Ce texte, dialogue tendu entre le principal d’une origine « communautaire » et l’adverse intérieur d’un universalisme, nous intéresse parce qu’il est entièrement sincère. On y voit l’identité juive affermée à la tradition coutumière et religieuse, à la transmission par le sang, à la communauté. Certes, il n’est pas faux que cela existe. La question est qu’aujourd’hui ce communautarisme, dont on voit dans ce texte les assises, tente d’être l’unique et exclusive légitimation de l’être juif. Renvoyée à son ethnicité, l’universalité laïque, historique, de ceux qui se déclarent juifs sans pour autant l’inférer de la sorte de spiritualisme social qu’est le communautarisme, est mise en grand danger. Et avec elle l’histoire et la dimension moderne de ceux qui se disent juifs, et par qui curieusement, paradoxalement, l’attitude communautaire peut se trouver exhaussée au-delà de l’insignifiance. Car dans le monde, être juif, ce n’est pas célébrer des fêtes, aussi anciennes soient-elles, c’est avoir été pris dans, avoir exemplifié, l’histoire de ce siècle ; tant à travers les résistants et les révolutionnaires qu’au travers du massacre et du génocide. S’il y a droit à une mémoire juive, c’est d’avoir été des opprimés qui n’étaient pas du côté des oppresseurs.

Or récemment, au travers d’une campagne menée en particulier par Marek Halter (et dont le but était sans doute la démarche électorale qui vise à former des juifs en groupe de pression pour Mitterrand), l’opération tentée était de soumettre l’histoire du génocide à la cause de la religion ; cas extrême, cette phrase d’un rabbin qui faisait s’équivaloir, quant à la question de la survie des juifs, les camps nazis et les mariages avec les non-juifs. Aberration qui ne vaudrait pas une protestation, si le vieil antisémitisme, ce socle français à tout racisme, n’avait trouvé là, dans ceux qui dénient ce par quoi être juif vaut d’être dit, des alliés contemporains.

Le communautarisme en France n’est jamais réserve de folklore ou préservation de vieille routine ; c’est l’essai d’une dépolitisation et un traitement des forces requérables en termes de lobby. Au fond tout bêtement un au-delà au syndicalisme, défaillant ou inutile, un projet d’américanisation du panorama politique officiel.
Mais il faut remarquer que déjà, lors du débat à propos de ce film qui se nommait « Des terroristes à la retraite », fut avancé l’argument que si ces résistants avaient montré tant de courage, ou tout simplement si eux, non français, avaient défendu, entre autres la France, c’est qu’ils n’avaient rien à perdre.
De même, il y a peu, cet assaut, dont je parle plus haut, contre un être juif sans judaïsme, sans sionisme, sans religion qui essaye de lui faire réintégrer de force un destin et non une histoire, une croyance et non une décision, un particularisme et non un sens pour tous.

Aussi sévère, aussi injuste que cela puisse paraître, il faut affirmer une symétrie entre l’asservissement de l’être juif à une identité restreinte et religieuse et l’oubli massif portant Kurt Waldheim à la présidence de l’Autriche aujourd’hui. Car cet oubli quel qu’il soit c’est l’affirmation du bien-fondé de l’extermination des juifs d’Europe, dont les résistants juifs ne sont pas ceux - quand c’est le cas - qui y ont échappé, mais raison et fidélité à ce que signifiait de le combattre.
N. M.

- Le Perroquet : On parle actuellement de « retour au judaïsme ». Tout d’abord, qu’est-ce que recouvre ce nom pour vous comme histoire singulière, ou universelle ? Ou est-ce que ça n’est qu’une nomination réactive ?
La première : Il y a la dimension communautaire d’une histoire collective...
La seconde : Aussi sévère, aussi exagéré et injuste que cela puisse paraître, il y a une symétrie entre le communautarisme et l’oubli.
-La première : On peut diviser les juifs en au moins deux catégories. Ceux pour qui la dimension singulière, subjective, de cette identité, prend le pas. Ceux pour qui c’est la dimension communautaire qui prend le pas, et qui répondraient : être juif ; c’est appartenir à la communauté juive.
-La seconde : Et certainement un troisième cas, qui est le mien, et de bien d’autres, lequel seul donne sens au nom de juif.
La première : Dans mon tout petit âge, ce qui soutenait mon sentiment d’être juive, c’était d’appartenir à un groupe qui avait des coutumes particulières, qui avait connaissance d’événements auxquels il avait été mêlé, et que d’autres ne connaissaient pas...
Dans ma famille, on était assez traditionaliste ; on faisait les fêtes, mêmes les fêtes pas très grandes. Mon père parle couramment l’hébreu etc... On mange toujours cacher. J’étais assez fière quand j’étais petite de ne pas faire comme tout le monde.
-La seconde : Mais qui êtes-vous ?
-La première : Mes parents viennent du Maroc, mais je suis née et j’ai grandi ici. Ils sont venus du Maroc après que mon père ait passé 8-10 ans en Israël, au moment de la fondation. Ils sont venus en France pour des raisons que je qualifierais de « diplomatiques ». C’est-à-dire qu’aller en Israël à l’époque, cela signifiait renoncer à retourner au Maroc où toute la famille était restée. Cela a été aussi un choix social. A l’époque en Israël, c’était différent. D’après ce que mon père m’a dit, le vrai changement d’Israël date de la guerre des six jours. Il y avait l’idée que la France était un pays doux à vivre et où les juifs étaient bien traités.
-La seconde : En quoi ils ont fait eux aussi l’impasse sur la deuxième guerre mondiale ?
-La première : Pendant au moins 7 5 ans, on a vécu avec l’idée qu’un jour on partirait en Israël. D’ailleurs, sauf mon frère - je ne sais pas pourquoi - on n’avait pas la nationalité française. Pour nous était vrai l’adage : « l’année prochaine à Jérusalem ». On a grandi avec l’idée qu’ici ce n’était pas vraiment notre pays.
Par exemple, on ne parlait pas politique à la maison. La seule chose qu’on faisait c’était de critiquer le gouvernement en place.
Tout cela a changé dans les années qui ont suivi la guerre des six jours. Ce qui a changé, en tout cas pour moi, c’est la constatation entre 68 et 72 du fait qu’Israël était devenu un pays comme les autres. Peut-être aussi bien que c’était, sans l’avouer, la constatation des tensions entre sépharades et askénases. Par exemple tous les ans, il y avait ici de grandes foires à propos d’Israël, et je me souviens de discussions tendues entre mon père et des jeunes qui militaient contre la ségrégation anti-sépharades.
Moi, je me souviens à la fin du lycée avoir tranché que je ferais mes études ici. Mes parents ont demandé la naturalisation, et il n’a plus été question d’émigration. Cela, c’était le versant familial. Il faudrait encore dire que ce qui comptait le plus, c’est précisément le maintien de la famille juive. Cela veut dire par exemple qu’il y a un sectarisme certain, mais qui est limité à la famille. Le seul lieu où les non-juifs ne sont pas admis à part entière, c’est la famille. Ce qui fait qu’on a commencé à le sentir vraiment qu’à partir du moment où les parents ont pensé qu’on était en âge de fonder une famille ; c’est à ce moment là qu’ils ont commencé à dire qu’on ne fréquentait pas assez de juifs, etc...
Ce qui a centré le commencement de discussion qu’on avait, c’était la question tout à fait fictive : qu’est-ce qui se passerait si on se mariait avec des non-juifs, et quels problèmes cela pose, et quoi et quoi... Pour eux la réponse c’est que c’était grave parce que pour qu’il continue à y avoir des juifs, il faut qu’il continue à y avoir des familles juives, et quelqu’un qui fait un mariage mixte commet un détournement à l’égard de la communauté. C’était une conception héréditaire : si tous les juifs se mariaient avec des non-juifs, il n’y aurait plus de juifs, et cela c’est très grave. A quoi je répondais : s’il y a deux juifs qui se marient entre eux, et qui ne connaissent rien à rien, et qui n’ont aucune idée de ce que c’est d’être juif : quelle différence cela fait ? La différence, c’est qu’on peut être juif sans rien en savoir ! Il suffit de se marier à la synagogue et de faire circoncire son fils, même et surtout si on le fait pour faire plaisir à ses parents et à la communauté, parce que c’est la même chose.
Cette conception là est à la fois la plus obscurantiste et la plus ignorante, et en même temps, elle est la plus proche d’une certaine vérité du judaïsme, de sa vérité de particularisme. Je veux dire par là que j’ai toujours plus de sympathie pour les juifs qui disent il faut rester entre juifs sinon on n’existera plus, mais purement dans un : « c’est comme cela », que pour ceux qui expliquent avec force rationalisation pour démontrer que les impératifs alimentaires, les interdits dans la vie quotidienne ou la circoncision etc... ont des fondements scientifiques. Parce qu’il y en a qui disent cela... Il y a ceux qui disent : on est juifs, on est juifs et on le restera. Et ceux qui, pour soutenir cette affirmation là, cherchent à démontrer qu’« objectivement » c’est mieux de vivre à la manière juive.
Je dois dire que j’ai fait partie de ceux-là un moment : cela a même été le point de passage pour moi de l’abandon du judaïsme formel. Le point de partage, cela a été l’objection que je faisais à ce moment-là, qui était que si il y avait de bonnes raisons de penser qu’être juif c’était mieux qu’être non juif, il fallait être prosélyte. Ce contre quoi les juifs s’insurgent bien sûr.
-La seconde : Tu étais une juive catholique alors ?
-La première : Je ne sais pas, mais je suis contre les « libéraux » qui facilitent les conversions. Ceux-là sont pires que tout, parce qu’ils mangent à tous les râteliers ; car ils veulent à la fois soutenir une identité forte, et en même temps, ils rameutent tous les arguments objectifs qu’on peut trouver.
-La seconde : Le point central est la famille ?
-La première : Chez moi, c’était cela. Chez nous, un bon juif, c’est un juif qui se marie avec un juif, qui continue le truc et qui demande à ses enfants de faire pareil, parce qu’il faut continuer.
Cela me rappelle que je me souviens bien que même à l’école primaire, à l’époque où mon sentiment d’être juive était principalement assis sur ces différences culturelles - des choses qui sont faites pour nous séparer des autres (rites...) -, même par rapport à cela, j’avais un rapport de partage avec les non-juifs. Je demandais : chez vous, c’est comment ? Je crois que c’est à cause de cela, bien que j’ai toujours affiché de manière naturelle que j’étais juive, bien que c’était une chose dont je parlais souvent, que cela n’a jamais suscité la moindre réflexion de rejet ou de réticence. Plutôt une curiosité intéressée. J’avais une amie protestante qui disait que chez nous c’était bien, ce qui n’a pas fait plaisir à une autre copine, qui était catholique. C’est une chose qui avait « fait scandale » dans ma famille, c’est que j’avais ce rapport-là et que quand j’étais au lycée, j’allais au catéchisme et je posais des colles au curé... Et même, j’avais été à la messe, et cela avait été mal vu. De la même façon, j’amenais des copines aux fêtes, et cela ne plaisait pas du tout.
-La seconde : Pour l’instant, outre que tu sembles n’avoir aucune base à propos de l’antisémitisme, tu décris une forme de conscience qui est tout à fait celle sur quoi s’appuient les pensées de la différence et de la tolérance entre communautés qui pratiquent l’échange culturel. Or la communauté est une fiction au mieux, une réaction religieuse au pire, et pour l’avenir une politique de lobbies électoraux, c’est-à-dire une situation à l’américaine.
-La première : Il y a une époque où je me suis posé autrement la question, quand il s’agissait de choisir une deuxième langue. J’ai décidé de faire de l’allemand, et bien que je vienne du Maroc, c’est la première fois que j’ai rencontré une résistance. C’est la première fois que s’est posée la question de l’héritage, au sens où l’héritage ce n’est pas une fatalité, mais plutôt ce qu’on a à dire de son histoire. Les antisémites ont toujours justifié leur antisémitisme par le fait que les juifs seraient les héritiers d’un déicide, et que si nous on trouvait que ce n’était pas vrai, on n’avait pas à perpétuer le même rapport vis-à-vis des jeunes allemands. Pendant trois ou quatre ans, quand je rencontrais des allemands, je cherchais beaucoup à parler avec eux.
-La seconde : Ce que tu rappelles là est assez scandaleux. Le chauvinisme anti-allemand, dont la langue sert ici de prétexte, est entièrement distinct de la mémoire de l’extermination qu’il faut avoir, et qui ne contient ni n’exprime le fait allemand, mais au contraire le fait nazi. Mémoire qui est à la fois celle d’une réalité et d’un emblème qui dépassent de toutes parts le communautarisme. Les juifs n’ont pas été exterminés par les nazis parce qu’ils constituaient une communauté religieuse fermée, mais parce que, pour des raisons historiques complexes, ils étaient les immigrés d’Europe et représentaient pour leurs exterminateurs une forme d’universalisme, elle-même anti-communautaire et anti-raciale, exactement liée à l’histoire intellectuelle et au mouvement révolutionnaire européens.
-La première : A partir de 14-15 ans, le contenu que pouvait avoir la désignation « être juif » a commencé à s’évanouir, sauf résurgence au moment de la guerre de 72-73 en Israël, mais qui était plus une inquiétude à l’égard de ce qui pouvait arriver à ma famille qui était là-bas. Mais je n’étais pas dans l’idée : « Israël a raison », mais dans l’idée : tous ces peuples qu’on envoie se faire charcuter, c’est dégueulasse. J’avais une vision épique des jeunes. Et même j’en rêvais, que les jeunes des pays de ce coin-là se mettent entre leurs parents respectifs et disent : « tirez si vous l’osez »... Mais je n’avais pas d’outil pour penser tout cela de manière sérieuse.
A cette époque-là, quand on me demandait : qu’est-ce que cela veut dire être juif, cela devenait de plus en plus difficile de répondre.
-La seconde : On peut penser bien des sottises, à 14-15 ans... Qu’est-ce que pensent, aujourd’hui, ceux de cet âge ?

- La première : J’ai deux exemples qui sont opposés et qui ont une certaine unité de sincérité, au moins.
J’ai une cousine de quatorze ans qui est sur le versant mystique. Elle écrit des poèmes à la gloire de Dieu, d’Israël... Elle a une ferveur. Sa mère mange du jambon, cela ne l’embête pas, elle lui dit : moi je n’en mange pas. Ce serait plutôt la mère qui l’embête, parce qu’elle ne veut garder de juif que le nom.
J’en ai une autre, plutôt de famille traditionaliste, qui a une histoire plus ancrée dans les pratiques du judaïsme, elle, elle me ressemblerait plus quand j’avais son âge. Elle dit : être juif, cela n’est pas rien, cela n’est pas insignifiant, on ne peut pas dire qu’il ne faudrait plus de singularité. Faute d’un autre repère, je crois qu’elle s’en tient à la gaieté des coutumes, en attendant mieux.
-La seconde : Quand on est embarqué dans la différence, on n’en sort jamais.
-La première : C’est un peu de cela qu’il s’agissait quand je me disais que : soit entre les juifs et les non juifs la différence était exclusivement historique et culturelle, auquel cas il n’y avait pas plus de différences qu’entre un auvergnat et un corse - et je pense que cette optique-là c’est la conception des traditionalistes formels bien qu’ils ne veuillent pas l’admettre, même s’ils ont l’idée d’une différence qu’ils sont incapables de formuler - ; soit c’est une différence d’une autre nature, et alors il s’agissait de trouver laquelle.
-La seconde : De toutes façons, à mon avis, toute tentative de définir les juifs par différence est vouée à l’échec, ou au sionisme.
-La première : Cette question s’est posée d’une façon vague par un sentiment net que j’ai eu que, contrairement à ce qui se passait en France avec des juifs, je n’avais, en Israël, absolument pas le sentiment qu’on était « entre nous ». Cela à la différence de mes parents, et même de mon frère et de ma soeur. J’ai pensé que la différence entre la situation d’un juif dans un pays, et la situation d’un ressortissant de n’importe quel pays qui est là en situation d’immigré, c’est que le juif est d’un ailleurs que lui-même soutient, qui n’est garanti par rien du tout. C’est le contraire d’une identité de papier. Cela à condition qu’il ne dise pas qu’Israël est organiquement son pays, sans quoi il devient un immigré comme un autre.
-La seconde : Dès que tu concèdes que juif renvoie à un ailleurs et non pas à un ici, cet ailleurs est nécessairement Israël, fût-ce un Israël mental et soustrait.
La première : S’il n’y a pas de garantie cherchée du côté des signes extérieurs de fidélité, on est en face de quelque chose qui peut sembler un vide formel, mais qui se soutient de la pure déclaration et du rapport à l’universalité. « Universalité » s’entendant là comme le fait qu’aucun lieu ne prescrit la conscience qu’on a, et du monde et de sa propre histoire dans le monde. On pourrait faire la liste des gens qui sont dans ce rapport d’indépendance à l’égard de l’État quant à la question de l’identité subjective : par exemple les militants révolutionnaires.
Tant et si bien que d’une certaine manière, je peux dire que la fidélité au judaïsme, dans ce qu’il a d’universel, cela passe pour lui par un certain rapport à la politique. Ce qui ne signifie pas qu’on fait de la politique pour être fidèle : ce serait remplacer un rite par un autre. C’est simplement que je dis que les choses qui m’intéressent, non dans le judaïsme, mais dans le fait d’être juif, sont dans un certain rapport à la pensée du monde, de la place qu’on a à y prendre, de ce qu’on a à en dire de son propre point de vue.
-La seconde : Mais que dites-vous finalement, dans la conjoncture, de tout ce « retour au judaïsme » ?
-La première : Dans ce retour au judaïsme, pratiquement, ce qui est prôné, c’est un retour à ce qui est désigné comme les valeurs juives, en gros cela recouvre les droits de l’homme, et la famille, et il me semble en particulier, une grande bataille que livrent les institutions communautaires sur le front des mariages, c’est-à-dire dans le sens d’un repli. L’autre point, c’est le retour en force des études juives. Il me semble qu’à l’heure actuelle l’idée, ce serait un retour aux Écritures, non en tant qu’elles auraient annoncé des contenus repris ailleurs, mais en tant qu’il n’y a rien à y rajouter, ni à la lettre, ni à l’esprit. Le fait que les intellectuels juifs soient explicitement conviés à ces colloques, alors que, jusqu’à présent, la figure de l’intellectuel juif, même si elle était mythique, présentait quelque chose comme la porte par où le judaïsme s’ouvrait à l’universel, cela signe un retour au communautarisme exclusif.
Les juifs vont parler en tant que juifs de leur communauté, ils vont parler, en tant que juifs, de ce qui se passe dans le monde si cela les concerne directement (Israël, l’école, etc...), mais il n’y a pas de velléité de prise de position des juifs sur les questions qui ne les concernent pas directement. Il me semble que c’est ce qu’on appelle un lobby. Tout ça dit quelque chose d’ailleurs sur les formes - opposées et complémentaires -.du communautarisme : en tous cas, entre le ghetto et le lobby, ça n’est qu’une différence des rapports de force, et pas des formes de conscience.

- La seconde : Vous me confirmez, par tous les biais possibles, dans cette conviction : il est impensable que quoi que ce soit de la politique et de la pensée résulte d’une fidélité au judaïsme. L’être juif et le judaïsme sont contradictoires. C’est de là que je suis juive.